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Casagami : Quand une petite maison en carton illumine la transition énergétique

Casagami aux couleurs de Sunrun ...
Casagami aux couleurs de Sunrun ...

La transition énergétique est sans conteste le plus grand défi de notre siècle. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’en parler au grand public, les obstacles sont nombreux. Mégawatts, réseaux intelligents, onduleurs, empreinte carbone... Le vocabulaire est souvent technique, abstrait et parfois anxiogène. Comment, dès lors, sensibiliser efficacement les citoyens, des plus jeunes aux plus âgés ? Comment rendre l’énergie solaire tangible et désirable ?

C'est ici qu'intervient une innovation aussi simple que lumineuse :), Casagami.

Conçue en France, Casagami est une petite veilleuse en carton à monter soi-même, fonctionnant à l’énergie solaire. Composée d'une planche de papier kraft prédécoupée et d'un module "solaire-LED" adhésif, elle incarne la philosophie du low-tech et de l'éco-conception. Mais au-delà de l'objet poétique, Casagami s'est imposée ces dernières années comme un redoutable outil de communication et d’éducation pour les acteurs du développement durable.

À travers l’expérience de géants de l’énergie comme TenneT, Sunrun ou Thüga, d'initiatives territoriales dans l'Orne ou d'associations comme Ecoserveis en Espagne, découvrons comment cette petite maison de papier réussit là où de longs discours échouent.


La force de la pédagogie par le "Faire" : L'exemple d'Ecoserveis (Espagne)

Pour comprendre un concept, rien ne remplace l'expérience pratique. C'est le principe de la pédagogie active. En demandant à l'utilisateur d'assembler lui-même sa petite maison (sans colle ni ciseaux), Casagami crée un lien immédiat d'attachement et d'attention.

En Espagne, l'association Ecoserveis, reconnue pour son travail sur la culture énergétique et la lutte contre la précarité, a parfaitement saisi cet enjeu. L'association intervient souvent auprès de publics divers, parfois éloignés des considérations technologiques ou fragilisés. Utiliser Casagami dans leurs ateliers permet de démystifier l'énergie.

L’acte est simple : on place la maison à la fenêtre la journée, et elle s'illumine la nuit. Sans un mot, le principe de la captation, du stockage et de la restitution de l'énergie solaire est compris. Pour Ecoserveis, c'est un moyen d'ouvrir le dialogue sur l'autoconsommation, l'efficacité énergétique et l'empowerment citoyen. L'objet devient un prétexte ludique pour aborder des sujets sérieux, prouvant que l'énergie n'est pas qu'une facture à la fin du mois, mais une ressource que l'on peut s'approprier.


Un vecteur de marque (RSE) puissant pour les leaders de l'industrie : Sunrun et Thüga Energy

Dans le monde du marketing d'entreprise, l'ère du "goodie" en plastique importé et polluant est révolue. Les entreprises du secteur de l'énergie doivent prouver que leurs engagements écologiques (RSE) se reflètent dans toutes leurs actions, y compris leur communication.

Sunrun, le leader américain des panneaux solaires résidentiels et des batteries domestiques, fait face à un défi de taille : convaincre les familles d'investir dans des installations de toiture massives. Le saut psychologique est grand. En offrant une Casagami personnalisée à ses prospects ou à ses clients, Sunrun introduit l'énergie solaire directement dans le salon ou la chambre des enfants. L'objet physique agit comme un ambassadeur silencieux de la marque. Il miniaturise le service vendu par Sunrun : "Regardez comme c'est simple à cette échelle, c'est exactement ce que nous ferons sur votre toit."

De l'autre côté de l'Atlantique, Thüga Energy, un important réseau d'entreprises locales d'énergie en Allemagne, utilise ce même levier. En Allemagne, où la transition énergétique (Energiewende) est un sujet sociétal majeur, l'acceptabilité locale est cruciale. En distribuant des Casagami lors d'événements locaux, de foires ou dans leurs agences, Thüga matérialise son engagement de proximité. L'objet, fabriqué en carton recyclé ou issu de forêts gérées durablement, prouve que l'entreprise est cohérente dans sa démarche environnementale. C'est un cadeau qui a du sens et qui valorise l'image de marque de manière éthique.


Expliquer la macro-structure par le micro-objet : Le défi de TenneT

L'un des exemples les plus frappants de l'utilisation de Casagami vient de TenneT, l'un des principaux gestionnaires de réseau de transport d'électricité (GRT) en Europe, opérant aux Pays-Bas et en Allemagne.

Le métier de TenneT est la très haute tension : transporter d'immenses quantités d'énergie, souvent depuis des parcs éoliens offshore en mer du Nord vers les centres industriels. C'est un monde d'infrastructures géantes, invisible et incompréhensible pour le citoyen moyen. Alors, pourquoi une entreprise qui gère des pylônes de 50 mètres de haut s'intéresse-t-elle à une maison en carton de 8 centimètres ?

Parce que le réseau de demain sera décentralisé. TenneT doit expliquer au public (et parfois aux décideurs politiques locaux) que la transition énergétique implique que chaque maison devienne une micro-centrale de production. Casagami sert alors de métaphore visuelle puissante lors de congrès, de présentations publiques ou de campagnes de relations publiques. En alignant plusieurs dizaines de Casagami, on illustre physiquement ce qu'est un "Smart Grid" (réseau intelligent) : une multitude de petits producteurs interconnectés. C'est un outil de vulgarisation exceptionnel pour des concepts systémiques complexes.


Éduquer les citoyens de demain : Les ateliers du Territoire d'Énergie de l'Orne

Si la transition énergétique doit s'accélérer aujourd'hui, elle se consolidera avec les générations futures. L'éducation à l'environnement est désormais au cœur des programmes scolaires et des initiatives des collectivités locales.

Le Territoire d'Énergie de l'Orne (TE61), syndicat départemental français chargé de l'organisation de la distribution d'électricité et de la transition énergétique locale, illustre parfaitement cette dynamique. En organisant, depuis plusieurs années, des ateliers pédagogiques dans les écoles ou les centres de loisirs avec Casagami, le TE61 transforme l'apprentissage en jeu.

Ces ateliers en groupe créent une émulation collective. Les enfants ne se contentent pas de monter la maison :

  • Ils la construisent : Chaque enfant doit monter cette petite Casagami aux couleurs de la Normandie.

  • Ils expérimentent : Ils testent différentes sources de lumière, découvrent que l'ombre empêche la charge, et observent l'allumage automatique grâce au capteur de luminosité intégré.

  • Ils ramènent le message à la maison : La veilleuse finit souvent sur la table de nuit de l'enfant. Les parents sont inévitablement interrogés sur son fonctionnement, ce qui fait entrer le débat sur les énergies renouvelables au cœur du foyer familial par la voix de l'enfant lui-même.

Pour une collectivité territoriale, c'est un investissement éducatif au rendement inestimable : former des citoyens conscients de l'énergie, de manière positive et non culpabilisante.


L'efficacité de Casagami réside dans un paradoxe saisissant : c'est sa vulnérabilité (du papier, une petite taille, une lumière douce) qui fait la force de son message. À une époque où nous sommes submergés d'écrans, d'applications complexes et de données virtuelles, cet objet réintroduit de la matérialité, de la poésie et de la simplicité.

Que ce soit pour un géant des réseaux électriques comme TenneT cherchant à illustrer la décentralisation, pour un acteur commercial comme Sunrun souhaitant rassurer ses clients, ou pour des entités publiques et associatives comme le TE61 ou Ecoserveis engagées dans l'éducation citoyenne, Casagami offre un langage commun.

Cet outil prouve que pour promouvoir le développement durable et les énergies solaires à grande échelle, nous n'avons pas toujours besoin de technologies de rupture ou de discours complexes. Parfois, il suffit d'un petit bout de carton, d'un rayon de soleil, et de la magie de voir une lumière s'allumer dans la nuit.

 
 
 

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